Océans pollués, poissons en danger, une fatalité ?

Dans A LA UNE, Alimentation, Animaux, Environnement, L'eau par le 9 octobre 2002Pas de commentaire

seashepherd02Voici ce que déclarait Paul Watson (fondateur de Sea Shepherd [trad. Gardien des océans] une ONG de protection des océans) lors de sa récente sortie de prison en mai dernier :

Je suis honoré d’être au service des baleines, des dauphins, des phoques et de toutes les autres créatures vivant sur cette Terre. Leur beauté, leur intelligence, leur force et leur esprit m’ont inspiré. Ces êtres m’ont parlé, m’ont touché et j’ai reçu de nombreux témoignages amicaux de membres de différentes espèces. Si les baleines survivent et prolifèrent, si les phoques continuent à vivre et à donner naissance, et si je peux participer à leur assurer un futur prospère, alors je serai heureux pour toujours.

Il a été arrêté pour avoir fait obstacle en 2002 à un bateau costaricain, le Varadero, en pleine pêche aux requins.

Nous le disions en introduction, la rédaction du blog a souhaité réagir à la publication sur le journal Le monde  d’un article sur les stocks invendus de viande de baleine au Japon qui atteignent près de 6000 Tonnes ! En voici quelques extraits…

…. Au Japon, l’échec de la vente aux enchères de viande de baleine illustre les limites des campagnes annuelles de chasse baleinière que Tokyo s’obstine à présenter comme des activités de recherche. L’Institut de recherche sur les cétacés (IRC), organisme semi-public, a admis, mercredi 13 juin, que 908,8 des 1211 tonnes de viande issue de la campagne 2010-2011 et commercialisée entre novembre 2011 et mars 2012 n’avaient pas trouvé preneurs. Les quelque 300 tonnes écoulées l’ont été à des prix inférieurs à ses attentes.
La publication de ces nouveaux – chiffres intervient alors que se réunit à Panama la Commission baleinière internationale où le Japon est à nouveau sous le feu des critiques des pays opposés à la chasse à la baleine. Depuis l’instauration d’un moratoire international en 1986, le Japon bénéficie de dérogations qui l’autorisent à prendre des baleines sous couvert d’études scientifiques dans le nord-ouest du Pacifique et dans l’Antarctique.L’Australie – loin d’être isolée – considère cependant les activités nippones comme de nature commerciale. En 2010, elle a entamé une action auprès de la Cour internationale de justice, accusant le Japon de violations des « termes de la convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine» et d’infractions «à la préservation des mammifères marins et de l’environnement marin ».
Au cours de la campagne menée pendant l’hiver 2011-2012, 267 cétacés ont été chassés loin de l’objectif fixé à 900 prises. La flotte baleinière japonaise a dû faire face comme ces dernières années à l’activisme de l’organisation de protection de l’environnement Sea Shepherd dont les bateaux ne cessent de harceler les équipages nippons. Une pratique que l’IRC n’hésite pas à qualifier d’« actes de terrorisme »… (Philippe Mesmer / le monde 16 juin 2012)

Voici une petite vidéo qui montre depuis un navire japonais la technique de Paul Watson pour empêcher les bateaux d’harponner les baleines.

A titre personnel…

Image rapportée par une sentinelle du cadavre d'une baleine sur la proue d'un bateau a marseille le 2 juin 2012

Image rapportée par une sentinelle du cadavre d’une baleine sur la proue d’un bateau a marseille le 2 juin 2012

Nous parlons toujours des activités négatives des pêcheurs, en oubliant souvent de faire la distinction entre les petits et les gros. Pourtant, la taille du filet et de ses mailles a une importance capitale. On omet souvent aussi de parler de l’activité des plaisanciers, qui ont pourtant un impact sur l’environnement ; sur ce sujet vous pouvez lire le guide des Eco-gestes du plaisancier.

Acteur durable tenait à vous signaler une initiative locale du coté de la grande bleue : ECOREM.
En partenariat avec l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée, un site Internet dédié aux pêcheurs a été ouvert. Il a pour but de développer un réseau de pêcheurs sentinelles du milieu marin méditerranéen.

Pour y participer, il suffit de vous inscrire en cliquant ici et vous pourrez alors faire part régulièrement de vos observations, que ce soit sur les espèces (ex : espèce inhabituelle), les pollutions (ex : nappe hydrocarbure), les pratiques en mer (ex : ancrage dans la Posidonie). Acteur Durable est depuis peu, une de leurs sentinelles et toutes nouvelles bonnes volontés sont les bienvenues.

Si chacun y contribue régulièrement, c’est une véritable veille du milieu marin que nous pourrons avoir !


A propos du thon rouge ?

Entre 1950 et 2000 les stocks de thon rouge sont passés de 300 000 T  à 150 000 T. Les systèmes de quotas mis en place ont permis de limiter la consommation de ce poisson (en forte demande depuis l’explosion de la consommation de sushi). Voir notre article sur les espèces menacées >>

espèces de poissons menacés

espèces de poissons menacés

lexique

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Plusieurs indices indiquent des «tendances à la hausse », mais les scientifiques sont incapables d’en évaluer la vitesse et l’ampleur. Trop de questions demeurent, trop d’imprécisions dans les statistiques fournies par les Etats sur la quantité et la taille des prises – en Méditerranée en particulier – trop de déclarations manifestement sous-évaluées.

Les défenseurs des océans déplorent, eux, l’absence de prise en compte de la pêche illégale par les experts de la CICTA. Selon l’ONG PEW, ce problème reste omniprésent. Après deux décennies d’expansion incontrôlée des flottes de pêcheurs industriels, le commerce du thon rouge continue d’être florissant grâce au marché japonais qui attire 80 % des captures.

En recoupant les tonnages de pêche déclarés avec les données du commerce international, trois chercheurs de l’université autonome de Barcelone et de l’université de Colombie-Britannique viennent de calculer qu’entre 2008 et 2011, les limites autorisées avaient été dépassées d’environ 67%, soit 112 000 T en 7 ans.

PEW demande que l’on ne se contente plus de recueillir les déclarations sur papier, mais qu’on trace les captures  jusqu’à leur commercialisation grâce à un dispositif électronique apposé sur les poissons.


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