La conférence climat COP26 peut-elle vraiment nous surprendre ?

Dans Climat & Météto par le 3 novembre 2021Pas de commentaire

Au lendemain du sommet du G20 infructueux, la grande conférence sur le climat de Glasgow ne semble pas adopter une approche à grande échelle des questions environnementales. Personne ne nie l’urgence de cette situation, mais peu de pays font des promesses claires. L’Inde annonce néanmoins vouloir s’engager dans un programme de neutralité carbone, mais seulement d’ici à 2070 ! Trop tard, info, intox..? Petit résumé de ce qui se passe en ce moment même à la COP26.

L’Inde veut atteindre la neutralité carbone en 2070

La COP26 a débuté lundi 1er novembre avec 120 dirigeants qui ont la mission de lutter contre le réchauffement climatique. Après l’échec du G20 à Rome, les états vont-ils enfin prendre des mesures concrètes et immédiates ? Rappelons que l’objectif commun est d’être neutre en carbone d’ici 2050, ce qui est absolument nécessaire pour atteindre l’objectif de réchauffement de 1,5°C d’ici la fin de ce siècle.

Au lendemain de l’ouverture de la COP26, le Premier ministre indien créé la surprise en annonçant que le géant sud-asiatique s’était fixé pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2070. L’Inde, troisième émetteur de gaz à effet de serre après la Chine et les États-Unis, a été le seul des plus gros polluants au monde à ne faire aucune promesse sur la neutralité carbone.

l'inde a pour objectif d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2070.
Le Premier ministre indien Narendra Modi fait une déclaration lors du sommet des Nations Unies sur le climat COP26 à Glasgow, en Écosse, le lundi 1er novembre 2021. Le sommet des Nations Unies sur le climat à Glasgow rassemble des dirigeants du monde entier, dans la plus grande ville d’Écosse, pour poser leur vision pour relever le défi commun du réchauffement climatique. (AP Photo/Alastair Grant, piscine)

Depuis l’ère préindustrielle, les émissions cumulées de l’Inde représentent environ 3,5 % du total mondial, là où celles des Etats-Unis comptent pour environ 20 % et celles de l’Union européenne pour 15 %.

… le Premier ministre s’est fixé un objectif particulièrement ambitieux dans un style vrai, étonnamment …

Swati Desusa, responsable de la recherche sur le changement climatique à la Fondation nationale pour l’Inde.

Pour éviter des impacts climatiques catastrophiques, les scientifiques disent que le zéro net doit être atteint d’ici 2050, 20 ans avant la date que s’est fixée l’Inde.

Peu d’espoir mais pourtant de grandes ambitions

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement prédit que le monde sera plus chaud d’au moins 2,7 °C d’ici la fin de ce siècle dans l’état actuel des engagements des pays en matière de réduction des émissions.

Le président américain Joe Biden a déclaré que le succès de la COP26 était « moralement et économiquement essentiel », mais n’en a pas pour autant revu à la hausse les ambitions américaines en matière de changement climatique d’ici 2050. Il n’a pas non plus augmenté la contribution des États-Unis au financement de la transition et adaptation des pays les plus vulnérables au réchauffement climatique. La Chine, autre grand pays polluant au monde, a adhéré à la neutralité carbone d’ici 2060, annoncée fin octobre, et à la suppression des investissements conjoints dans les centrales électriques au charbon à l’étranger.

Mardi était la deuxième journée du sommet et les dirigeants mondiaux se sont attaqués au problème de la déforestation illégale qui doit être enrayé d’ici 2030. Poumons de la planète avec les océans, les forêts jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique, en absorbant une partie importante des milliards de tonnes de gaz à effet de serre libérés chaque année dans l’atmosphère par les activités humaines.

Alors que la troisième journée démarre, on voit naitre certains projets qui méritent d’être signalés. Le groupe britannique Johnson Matthey, spécialisé en produits chimiques présente sa batterie à teneur réduite en cobalt. Elle affiche une densité énergétique supérieure de 20 %, offre une plus grande autonomie et une recharge plus rapide.

Quels pays sont historiquement responsables du changement climatique ?

principaux responsables historiques des émissions de CO2 de 1850 à 2021
Qui sont les principaux responsables historiques des émissions de CO2 de 1850 à 2021 ?

L’histoire est importante car la quantité cumulée de dioxyde de carbone (CO2) émise depuis le début de la révolution industrielle est étroitement liée au réchauffement de 1,2 °C qui s’est déjà produit.

Au total, l’homme a injecté environ 2 500 milliards de tonnes de CO2 (GtCO2) dans l’atmosphère depuis 1850, ce qui laisse moins de 500 GtCO2 pour rester sous la barre des 1,5 °C de réchauffement.

Cela signifie que, d’ici à la fin de 2021, le monde aura collectivement brûlé 86 % du budget carbone pour une probabilité de 50-50 de rester en dessous de 1,5 °C.

Pour la première fois, l’analyse inclut les émissions de CO2 liées à l’utilisation des terres et des forêts, en plus de celles provenant des combustibles fossiles, ce qui modifie considérablement le top 10.

En première place du classement, les États-Unis ont rejeté plus de 509GtCO2 depuis 1850 et sont responsables de la plus grande part des émissions historiques, comme le montre l’analyse de Carbon Brief, avec quelque 20% du total mondial.

Pourquoi le CO2 cumulé est-il si important ?

Il existe une relation directe et linéaire entre la quantité totale de CO2 libérée par l’activité humaine et le niveau de réchauffement à la surface de la Terre. En outre, le moment où une tonne de CO2 est émise n’a qu’un impact limité sur le réchauffement qu’elle provoquera au final.

Émissions mondiales annuelles de CO2
Émissions mondiales annuelles de CO2 provenant des combustibles fossiles et du ciment (gris foncé) ainsi que de l’utilisation des terres, du changement d’affectation des terres et de la foresterie (vert), 1850-2021, en milliards de tonnes. Source : Analyse par Carbon Brief de chiffres provenant du Global Carbon Project, du CDIAC, de Our World in Data, de Carbon Monitor, de Houghton et Nassikas (2017) et de Hansis et al (2015). Graphique réalisé par Carbon Brief à l’aide de Highcharts.

Cela signifie que les émissions de CO2 produites il y a des centaines d’années continuent de contribuer au réchauffement de la planète – et que le réchauffement actuel est déterminé par le total cumulé des émissions de CO2 au fil du temps.

ajoutez cet article a votre liste de favoris

A propos de cet auteur...

Bonjour, je suis le directeur de la rédaction du site www.acteurdurable.org et je vous souhaite une bonne visite sur notre blog ! Je remercie tous les experts qui nous ont fourni des données précieuses afin de vous aider à mieux appréhender les sujets pointus dans le développement durable, notamment en matière de nouvelles technologies sur les énergies renouvelables. Si vous avez un savoir-faire, une expertise ou l'envie de participer, contactez-nous !

Pas de commentaire

Répondre