Sauvons notre peau !

Dans A LA UNE, Consommation, Cosmétique bio, Polluants par le 15 novembre 2017Pas de commentaire
Que mettez vous sur votre peau ?

Que mettez vous sur votre peau ?

Métaux lourds, hydrocarbures. dioxines, OGM, pesticides en tout genre… Qui voudrait bien s’enduire le corps de ce cocktail chimique ? Personne ! Pourtant, une femme s’applique environ 80 composants chimiques sur la peau par jour en pensant prendre soin d’elle et de sa beauté. Il est temps de réagir. En juillet 2007, Greenpeace lançait un pavé dans la mare avec la publication du guide Cosmetox et son slogan : « Pas de toxique dans mes cosmétiques ». Dans le même temps, la Commission européenne mettait sur pied le règlement REACH afin de mesurer et diminuer les risques induits par les produits chimiques. Conscients du problème, nombre de consommateurs portent un regard neuf sur la cosmétique écologique et biologique qui protège la nature et les hommes. Naturelle et biologique sont les maîtres mots.

Suivant les cahiers des charges, la part et le mode de calcul des ingrédients bio varie. Les ingrédients de synthèse et les processus de transformation faisant appel à l’industrie pétrochimique sont, par principe, interdits.
L’eau, qui arrive sur la liste des composants, peut-elle être bio ? Non, sauf s’il s’agit d’eaux florales, issues de fleurs cultivées en bio. La plupart des labels de cosmétique bio et écologique ne pose pas de contraintes supplémentaires, autorisant l’eau potable. « Il faudrait plus travailler sur sa qualité, convient Samuel Gaborit, président de l’association Cosmebio. non pas en terme chimique – la molécule d’eau restera toujours une combinaison d’hydrogène et d’oxygène – mais sur le plan de l’énergie, de son dynamisme« . Même de qualité supérieure, l’eau entraîne le produit vers sa dégradation à plus ou moins long terme. Or, pour stabiliser la formule, des agents conservateurs semblent indispensables.

Le casse-tête de la conservation

« Sans conservateur », cette mention fièrement avancée sur certains contenants veut dire sans conservateur listé au niveau européen ! « La réglementation impose que le produit se conserve ! »rappelle Samuel Gaborit. C’est d’ailleurs l’un des griefs faits à la cosmétique écologique et bio : certains pots. Une fois ouverts, doivent être utilisés dans les 3 mois… c’est court…
Pour atteindre les 9 mois respectables, la plupart des cahiers des charges autorisent quelques conservateurs de synthèse considérés comme incontournables. Ecocert, pour sa part, accepte, outre l’alcool benzylique, les acides sorbique. benzoïque. salicylique. enfin l’acide déhydroacétique (DHA) et ses sels. Qualité France, qui dispose de son propre cahier des charges, autorise, en plus, I’acideformique et propionique (mais pas le DHA). Mais, au total, pour l’un ou l’autre, la part des ingrédients issus d’une synthèse pure ne peut représenter qu’au maximum 5 % de l’ensemble des ingrédients sur le produit fini.

Indispensables les conservateurs de synthèse ? Pas si sûr.
Des marques font très bien l’impasse. Outre l’alcool qui a le défaut d’agresser la peau, d’autres ingrédients sont dotés de propriétés conservatrices naturelles. À commencer par les huiles, végétales ou essentielles, fer de lance des créations des Douces Angevines qui proposent toute une gamme de « cosmétofluides ». Le fabricant belge Noble House, lui, a jeté son dévolu sur l’huile de palmier rouge bio qui riche en vitamine E et antioxydants, est un excellent conservateur, tout comme nombre d’acides issus de végétaux, comme l’extrait de radis. Les Douces Angevines réinventent la poudre avec des masques et gommages sous cette forme, de même que Centifolia avec ses dentifrices. « Un conservateur tuerait toutes les bactéries de la bouche, or elles ont un rôle, explique son co-dirigeant, Dominique Delarche ».

Enfin, il existe des solutions mécaniques, notamment le système Airless qui, en retirant l’air du contenant, en évitant le contact du produit avec les doigts, ralentit la détérioration du soin. « Se passer complètement de la pétrochimie, c’est possible, martèle Dominique Delarche qui vend gels douche et shampoings 100 % naturels. C’est une question de prix. Quand un conservateur de synthèse coûte 3 euros/kg, son équivalent sans pétrochimie est vendu 43 euros/kg »

Et pour le vernis à ongles ?

Une étude récente a montré qu’une grande quantité de marques de vernis à ongles contiennent des substances toxiques, principalement 3 perturbateurs endocriniens : le toluène, le formaldéhyde et le dibutyl de phthalate. D’ailleurs l’excellente association UFC que choisir a réalisé un classement, malheureusement il faut être abonné au journal pour voir les résultats. Nous avons eu le rapport entre les mains et que ce soit OPI, Avril, Sephora ou Dior, les résultats sont catastrophiques. La plupart contiennent ces trois perturbateurs endocriniens et encore d’autres. Surtout ce qui nous a choqué c’est que ces fabricants ne précisent pas du tout sur l’emballage qu’ils contiennent des produits dangereux pour la santé, tout particulièrement pour les enfants.

Alors quelle solution pour les femmes qui souhaitent quand même mettre du vernis à ongles ? Il faut chercher les produits qui signalent clairement qu’ils sont 3-free ou même 5-free, c’est à dire « libre » (comprenez « sans ») ces agents toxiques que sont le toluène, le formaldéhyde et le dibutyl de phthalate et les autres. Autant dire chercher une aiguille dans une botte de foin… Pas tout à fait, une jeune marque (Incoco) semble tirer son épingle du jeu avec ces NailPatchs, une nouvelle technologie de vernis à ongle imprimé 3-free. Ces produits sont disponibles en France à l’adresse suivante : https://mynailpatch.fr, c’est une jeune start-up française qui assure la commercialisation en France. Nous avons contacté la marque et tester les produits avant de vous en parler et le résultat est assez incroyable ! La tenue du vernis est bluffante puisque 10 jours après la pose, le vernis ne montrait aucune trace d’usure. L’emballage signale bien que le vernis est 3-free et la marque va encore plus loin dans la transparences en signalant sur chaque fiche produit la composition chimique de leurs vernis. Il reste malheureusement encore du Benzophénone-3 mais avec le système de patch, il y a une couche qui isole l’ongle des produits chimiques, ainsi l’ongle n’est jamais en contact avec les substances. Interrogé à ce sujet, la marque nous a expliqué qu’ils mettaient du benzophénone-3 car l’emballage du produit est transparent et qu’a la lumière sans cet agent, la couleur du vernis serait altérée. Incoco nous a assuré travailler activement avec ses chimistes pour supprimer cet agent au plus vite !

Les processus de transformation

Les procédés physiques (séchages, broyage, pression à froid, entraînement à la vapeur d’eau…), les procédés chimiques simples existant dans la nature (fermentation, oxydation…) et ceux complexes considérés comme incontournables (saponification, estérification, hydrogénation…) sont autorisés. Les processus chimiques de synthèse pure sont interdits comme la déterpénation (autre qu’à la vapeur d’eau), l’ethoxylation (PEG…), ainsi que les techniques faisant appel aux manipulations génétiques, à l’ionisation, à l’irradiation, au mercure et à l’oxyde d’éthylène. La chimie du chlore est aussi exclue.

Ces restrictions limitent le champ des possibles. « Les produits coiffant ou démêlant posent problème, avoue Samuel Gaborit« . En mode naturel, on a du mal a refaire des polymères qui gainent les fibres. Oubliez aussi les envies de décoloration ou de frisure des cheveux. Tout du moins jusqu’à la dernière innovation car le milieu ne cesse de trouver de nouvelles parades pour proposer l’équivalent bio de ce qui existe en conventionnel.


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Les dessous de la cosmétique bio

Dans Consommation, Cosmétique bio par le 24 février 2011Pas de commentaire
La cosm'éthique n'est pas pour demain

La cosm’éthique n’est pas pour demain

Anti-rides, régénérant, anti-oxydants… la cosmétique anti-âge fait son entrée dans la sphère bio et écologique. Présent naturellement dans divers tissus du corps, comme la peau, le cartilage, l’acide hyaluronique est utilisé en médecine esthétique pour combler les rides ou en remplacement du collagène. Il peut être certifié bio à condition que son mode d’obtention appartienne à la liste de ceux autorisés par les cahiers des charges bio. Pour exemple, la marque Patyka tait fermenter la bactérie lactique Bacillus Subtilisas dans un milieu standardisé de glucose et de peptides provenant de blé biologique. Lorsqu’elle a atteint la taille adéquate, cette bactérie est changée d’environnement et réagit en synthétisant une coque d’acide hyaluronique. L’ajout de bioéthanol – issu de la betterave à sucre bio – permet d’obtenir une poudre incorporée dans la crème anti-ride. Rien à voir avec l’acide hyaluronique obtenu par voie chimique ou via des bactéries génétiquement modifiées ! Peut-on en conclure que la cosmétique biologique répond aux mêmes sirènes que son homologue en conventionnel  »Sur le marché du bio, il y a comme un, frein envers la cosmétique anti-âge« , analyse Samuel Gaborit, à la tête de Nature et Stratégie. « Un élixir de jouvence doit faire rêver. Or, pour l’heure, seules une poignée de marques très grand public détiennent ce pouvoir de séduction« .


Cosmétique « D’origine naturelle »

Aujourd’hui, plus de 500 marques de cosmétique sont certifiées bio et distribuées sur le marché français. « Des 100 % d’origine naturelle », il en existe une vingtaine, pas plus« , estime Sophie Macheteau, créatrice de l’agence de relations presse Bionessence. Pour ne pas tromper le consommateur, il faut trouver un bon compromis entre innovation et naturalité. Jusqu’à quand un ingrédient naturel le reste quand on le transforme ? Sachant que la saponification, l’oxydation, la fermentation sont des réactions chimiques dont certaines existent à l’état naturel. Si la dimension artisanale, le « fait main » apportent une réponse, la déontologie joue aussi le rôle de régulateur entre deux extrêmes.

Vers la cosm’éthique

L’éthique est l’un des enjeux majeurs de la cosmétique bio. En témoigne le président de Cosmebio, Samuel Gaborit : « Quand l’association Cosmébio a été créée, en 2002, nous n’étions que 10. On s ‘est beaucoup attaché aux règles techniques, mettant peu en évidence les ambitions déontologique, sociale ou environnementale de l’association. Désormais, Cosmebio et ses membres veulent s’engager sur ces volets. Il faudrait aller plus loin pour que les entreprises changent vraiment leur mode de fonctionnement« . Les ingrédients végétaux pourraient également être sélectionnés dans l’idée de favoriser la biodiversité. Aujourd’hui, pour qu’un produit soit labellisé Cosmebio, il faut qu’au moins 60 % de la gamme respecte le cahier des charges ad hoc.

Alors le futur sera-t-il bio ? Oui, répondent sans conteste les professionnels du milieu. Mais attention de bien choisir votre crème et de lire attentivement les étiquettes !

Des magasins spécialisés en cosmétique bio

Les rayons ne cessent de s’étoffer en cosmétique certifié. Si les entreprises qui se lancent sur ce segment privilégient la vente sur internet, la concurrence s’y fait de plus en plus rude. Phénomène nouveau, le concept de magasin spécialisé en cosmétique bio émerge. Sur Paris, Mademoiselle Bio dispose de 9 points de vente qui proposent quelque 2000 références. Toujours sur la capitale, Nopeg (No Polyethylène Glycol) est un magasin indépendant qui jouit d’un espace détente avec salon de lecture, animations, hammam et cabines de soin… Car, ou-delà de la simple boutique, certaines marques investissent le champ de la beauté en ouvrant des instituts de soins. C’est le cas de l’Espace Weleda à Paris qui propose des soins du visage ou du corps, divers ateliers comme la relaxation des pieds et jambes, l’initiation au massage duo ou encore le massage des seins. Ou bien de Melvita, pionnier de la cosmétique bio depuis 1983. L’entreprise ardéchoise a ouvert, cet été, sa première éco-boutique dans le 6e arrondissement de Paris, proposant plus de 250 produits certifiés bio et 600 ingrédients naturels. Se spécialisant encore davantage, Houppette et Compagnie se veut le lieu du maquillage bio. Créée en mai 2010, la boutique référence 7 marques de maquillage tout en proposant des soins. À quand les parfumeries ou les salons manucures exclusivement bio ?

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Les algues en cosmétique bio

Dans Algues par le 25 mars 201021 Commentaires

Présentation des algues en cosmétique bio

Le monde de la cosmétique ne cesse d’évoluer et les recherches sur les algues apportent régulièrement des nouveautés dans ce domaine.

Algues à l'état naturel

Algues à l’état naturel

Ainsi, la cosmétologie marine utilisant des dérivés algaux possède des qualités physiques reconnues mais très généralement ignorées du grand public. Ces dérivés algaux possèdent de nombreuses vertus, telles que :

  • La stimulation de la circulation sanguine entraînant une plus grande vitalité de la peau.
  • La tonification des tissus cutanés provoquant leur raffermissement et atténuant l’aspect ridé de la peau.
  • Le rééquilibre de la peau sur le plan hydrique, protéinique, vitaminique et minéral.
  • L’élimination des déchets cutanés qui améliore le teint et l’éclat de la peau.

Du fait de ces vertus, la peau entretenue avec des cosmétiques d’origine marine vieillit moins vite et résiste mieux aux agressions multiples.


Les propriétés de texture

Les substances visqueuses extraites des algues se présentent sous la forme de poudre qui se disperse dans l’eau. Celle-ci est largement utilisée lors de la fabrication de gels aqueux, comme ceux utilisés pour la crème solaire par exemple, ou encore le dentifrice ou les déodorants en stick. Ces mêmes poudres peuvent être utilisées comme agent stabilisateur pour certaines émulsions qui sont à la base, entre autres, de laits démaquillants, de crèmes hydratantes …

Les principes actifs des algues

Classiquement, les variétés d’algues utilisées en cosmétologie sont : Ascophyllum nodosum, Laminaria digitata, Fucus vesiculosus, Chrondrus crispus, Lithothamnium calcareum, Alsidium helminthocorton et Digenea simplex. Sous forme de poudres ou de bouillies, elles sont censées avoir des propriétés exceptionnelles.

Variété d'algues : l'Ascophyllum

Variété d’algues : l’Ascophyllum

La principale utilisation est faîte dans le dentrifrice. En effet, le carraghénane et les alginates permettent d’en stabiliser la pâte. Les carraghénanes entrent aussi dans la composition de crèmes, de rouges à lèvres …

L’utilisation des cosmétiques marins

On retrouve donc des principes actifs d’algues dans :

  • Le soin du corps : bains aux algues, gel douche, gel amincissant, gel raffermissant, crème solaire
Gel minceur à base d'algues

Gel minceur à base d’algues

  • Le soin du visage : laits démaquillants, crèmes de jour, crème solaire crème de jour bio
  • Le soin des cheveux : shampooing, après shampooing, masques, traitements, shampoing bio
  • Le soin des dents : dentifrice bio
Dentifrice en poudre à base d'algues

Dentifrice en poudre à base d’algues

Conclusion

Il existe encore des milliers de variétés d’algues non répertoriées à ce jour, qui sait de quoi elles-sont capables ? On utilise aujourd’hui déjà les algues pour se nourrir, en complément alimentaire, elle peuvent être source de biocarburant, utilisées pour des matériaux de construction, elles participent à l’équilibre de l’iode sur la terre … Mais l’homme n’est pas le seul être à qui profitent les algues … L’explosion de l’utilisations des algues est à surveiller, car si on ramasse ces plantes en quantité trop importante sur nos côtes, c’est la biodiversité qui risque d’être touchée ! De nombreux animaux se nourrissent (gastéropodes, poissons, etc.) et se réfugient (nombreux invertébrés, poissons, etc.) dans les algues. Il faut donc surveiller certaines industries qui n’hésitent pas à détruire la biodiversité pour faire tourner leurs usines, comme cela s’est déjà produit dans le passé… Il faut veiller à utiliser des cosmétiques labellisés, dont les procédés de fabrication respectueux de l’environnement, permettent la regénérescence de la plante. Des cultures d’algues existent depuis de nombreuses années comme au Japon ou en Chine (culture locale), mais la culture internationale au profit des industries chimiques ne va-t-elle pas compromettre l’équilibre naturel que porte l’algue ?

La culture d'algues en Indonésie

La culture d’algues en Indonésie

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