Les dessous de la cosmétique bio

Dans Consommation, Cosmétique par le 24 février 2011Commentaires fermés sur Les dessous de la cosmétique bio
La cosm'éthique n'est pas pour demain
La cosm’éthique n’est pas pour demain !

Anti-rides, régénérant, anti-oxydants… la cosmétique anti-âge fait son entrée dans la sphère bio et écologique. Présent naturellement dans divers tissus du corps, comme la peau, le cartilage, l’acide hyaluronique est utilisé en médecine esthétique pour combler les rides ou en remplacement du collagène. Il peut être certifié bio à condition que son mode d’obtention appartienne à la liste de ceux autorisés par les cahiers des charges bio. Pour exemple, la marque Patyka tait fermenter la bactérie lactique Bacillus Subtilisas dans un milieu standardisé de glucose et de peptides provenant de blé biologique. Lorsqu’elle a atteint la taille adéquate, cette bactérie est changée d’environnement et réagit en synthétisant une coque d’acide hyaluronique. L’ajout de bioéthanol – issu de la betterave à sucre bio – permet d’obtenir une poudre incorporée dans la crème anti-ride. Rien à voir avec l’acide hyaluronique obtenu par voie chimique ou via des bactéries génétiquement modifiées ! Peut-on en conclure que la cosmétique biologique répond aux mêmes sirènes que son homologue en conventionnel ”Sur le marché du bio, il y a comme un, frein envers la cosmétique anti-âge“, analyse Samuel Gaborit, à la tête de Nature et Stratégie. “Un élixir de jouvence doit faire rêver. Or, pour l’heure, seules une poignée de marques très grand public détiennent ce pouvoir de séduction“.

Cosmétique d’origine naturelle

Aujourd’hui, plus de 500 marques de cosmétique sont certifiées bio et distribuées sur le marché français. “Des 100 % d’origine naturelle”, il en existe une vingtaine, pas plus“, estime Sophie Macheteau, créatrice de l’agence de relations presse Bionessence. Pour ne pas tromper le consommateur, il faut trouver un bon compromis entre innovation et naturalité. Jusqu’à quand un ingrédient naturel le reste quand on le transforme ? Sachant que la saponification, l’oxydation, la fermentation sont des réactions chimiques dont certaines existent à l’état naturel. Si la dimension artisanale, le “fait main” apportent une réponse, la déontologie joue aussi le rôle de régulateur entre deux extrêmes.

Vers la cosm’éthique

L’éthique est l’un des enjeux majeurs de la cosmétique bio. En témoigne le président de Cosmebio, Samuel Gaborit : “Quand l’association Cosmébio a été créée, en 2002, nous n’étions que 10. On s ‘est beaucoup attaché aux règles techniques, mettant peu en évidence les ambitions déontologique, sociale ou environnementale de l’association. Désormais, Cosmebio et ses membres veulent s’engager sur ces volets. Il faudrait aller plus loin pour que les entreprises changent vraiment leur mode de fonctionnement“. Les ingrédients végétaux pourraient également être sélectionnés dans l’idée de favoriser la biodiversité. Aujourd’hui, pour qu’un produit soit labellisé Cosmebio, il faut qu’au moins 60 % de la gamme respecte le cahier des charges ad hoc.

Alors le futur sera-t-il bio ? Oui, répondent sans conteste les professionnels du milieu. Mais attention de bien choisir votre crème et de lire attentivement les étiquettes !

Des magasins spécialisés en cosmétique bio

Les rayons ne cessent de s’étoffer en cosmétique certifié. Si les entreprises qui se lancent sur ce segment privilégient la vente sur internet, la concurrence s’y fait de plus en plus rude. Phénomène nouveau, le concept de magasin spécialisé en cosmétique bio émerge. Sur Paris, Mademoiselle Bio dispose de 9 points de vente qui proposent quelque 2000 références. Toujours sur la capitale, Nopeg (No Polyethylène Glycol) est un magasin indépendant qui jouit d’un espace détente avec salon de lecture, animations, hammam et cabines de soin… Car, ou-delà de la simple boutique, certaines marques investissent le champ de la beauté en ouvrant des instituts de soins. C’est le cas de l’Espace Weleda à Paris qui propose des soins du visage ou du corps, divers ateliers comme la relaxation des pieds et jambes, l’initiation au massage duo ou encore le massage des seins. Ou bien de Melvita, pionnier de la cosmétique bio depuis 1983. L’entreprise ardéchoise a ouvert, cet été, sa première éco-boutique dans le 6e arrondissement de Paris, proposant plus de 250 produits certifiés bio et 600 ingrédients naturels. Se spécialisant encore davantage, Houppette et Compagnie se veut le lieu du maquillage bio. Créée en mai 2010, la boutique référence 7 marques de maquillage tout en proposant des soins. À quand les parfumeries ou les salons manucures exclusivement bio ?

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A propos de cet auteur...

Passionnée des arts graphiques, de la mode et des dernières tendances, j'ai longtemps travaillé pour des groupes de presse dans la Santé. Mes longues années passées au sein d'un hebdomadaire ou d'une régie pub, m'ont donné l'envie de poursuivre l'écriture à titre personnel pour le blog ActeurDurable.org qui fait un excellent travail de sensibilisation pour un monde plus éco responsable !

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