Enfin l’interdiction de la bande côté aux navires de plus de 25 m !

Dans A LA UNE, Biodiversité par le 30 octobre 2026Pas de commentaire
Catherine Chabaud

Nous vous parlons très souvent de pêche sur Acteur durable, encore il y a deux semaine dans notre article sur la bataille des 12 milles nautique. Et bien nous avons une bonne nouvelle car le 22 octobre, la ministre de la Mer, Catherine Chabaud, a lancé la procédure pour interdire la bande côtière de la Manche-Est aux navires de plus de 25 m à partir de début 2027.
Cette victoire signe le début de la reprise en mains de notre destin face à des oligarchies méga-industrielles qui ont transformé les océans en déserts, les pêcheurs en misérables et les citoyens en victimes impuissantes.

Cependant les filets et les lignes, qui capturent la majorité des dauphins et des oiseaux marins, gardent la côte. Depuis 2018, l’opération Dolphin Bycatch documente les captures accidentelles de dauphins : la quasi-totalité des navires avec des dauphins ou des oiseaux dans leurs filets mesuraient moins de 16 m. Le problème, ce sont les techniques de pêche, pas la taille des bateaux.

La taille du navire ne dit rien de ce qu’il capture. 85% des captures d’oiseaux et de mammifères marins sont dues aux arts dormants : les lignes pour les oiseaux et les filets pour les cétacés. Les populations d’oiseaux marins ont diminué d’environ 70% en cinquante ans. Les captures accidentelles figurent parmi les principales causes de ce déclin. Pour certaines espèces, le CNPN estime qu’une mortalité supplémentaire de 1% de la population suffirait à les pousser vers l’extinction.

Alors faut-il se réjouir de cette première victoire ?

Cette victoire en appelle surtout une autre : une victoire systémique contre l’ensemble des lobbies méga-industriels qui sévissent à Bruxelles et dans les États membres. C’est un nouvel enjeu et ce n’est pas le seul. En ce moment à Bruxelles se négocie le budget de l’UE qui va déterminer absolument tous les choix publics européens au cours des sept prochaines années.
C’est le moment parfait pour mettre à terre les empires méga-industriels dont les navires n’existeraient pas sans les subventions publiques que nos gouvernements leur octroient dans des proportions vertigineuses alors que l’argent manque dans les caisses des États pour soutenir les petits métiers et la transition des pêches vers des modèles moins impactants.


Exclure les gros navires de la côte, favoriser les petits navires : une mesure phare qui simplifie à l’extrême un milieu qui change d’une zone et d’une saison à l’autre.
Elle permet à l’État de se vanter d’une mesure « écologique » sans protéger les espèces qu’elle prétend sauver. L’impact peut être bien pire. Ce dont nous avons donc vraiment très vite besoin, c’est d’un plan urgent en 4 points :

 
1. L'accès à la bande côtière conditionné à la sélectivité
2. Des caméras embarquées sur les engins à risques, quelle que soit la taille du navire.
3. Un encadrement des reports de l’effort de pêche.
4. De vraies aires marines protégées.
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