Pourquoi les oiseaux disparaissent de nos campagnes ?

Dans A LA UNE, Animaux par le 30 mars 2018Pas de commentaire

la perdix rouge est en dander

La disparition des oiseaux dans les campagnes est un vrai problème. Que serait notre vie sans la faune ni la flore ? Surtout qu’un oiseau contribue activement à la dissémination des graines dans l’environnement et favorise une diversité biologique essentielle à la nature. Tout comme les abeilles qui pollinisent les fleurs et permettent la formation des fruits. D’après deux études de sources fiables, les oiseaux vivant dans les campagnes en France sont menacés de disparition. Sur les 15 dernières années, 30% des espèces auraient disparues et si l’on ne fait rien la situation risque d’empirer dans les prochaines années. Ces études révèlent que les causes principales sont le déclin des insectes qui sont exterminés par les pesticides cumulé à une forte dégradation globale de l’environnement (pollution des eaux, des sols et de l’air). Mais que pouvez-vous faire à votre niveau ? Comment endiguer cette spirale ? Vous verrez dans cet article que des solutions existes et que vous pouvez y participer avec des gestes simples de votre quotidien : grâce à une consommation raisonnée et en bannissant certains gestes du quotidien qui sans vous en apercevoir, ont des conséquences sur l’environnement.

Un déclin « catastrophique » selon les études du CNRS et du Muséum National d’Histoire Naturelle 

Sommaire

  • Deux rapports alarmants sur la disparition des oiseaux en France
  • Pourquoi assiste-t-on à un déclin massif des insectes ?
  • Nn environnement sans cesse menacé
  • 10 gestes simples pour inverser la tendance !

Deux rapports alarmants sur la disparition des oiseaux en France

Les ornithologues amateurs et professionnels qui identifient et comptent les oiseaux sur tout le territoire métropolitain publient régulièrement des indicateurs annuels sur l’abondance des espèces dans différents habitats tels que les forêts, villes, campagnes. Les relevés effectués en milieu rural mettent en évidence une diminution des populations d’oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990. Les espèces endémiques de ces milieux, comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Et les chiffres montrent que ce déclin s’est encore intensifié en 2016 et 2017.

étude sur la disparition des oiseaux par MNHN

Indicateurs STOC 2017 le STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs), un programme de sciences participatives porté par le Muséum national d’Histoire naturelle au sein du CESCO

Ces résultats nationaux sont confirmés par une seconde étude menée à une échelle locale sur la Zone atelier « Plaine & Val de Sèvre » portée par le CNRS. Depuis 1995, des chercheurs du CEBC suivent chaque année, dans les Deux-Sèvres, 160 zones de 10 hectares d’une plaine céréalière typique des territoires agricoles français. En 23 ans, toutes les espèces d’oiseaux de plaine ont vu leur population fondre : l’alouette perd plus d’un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées. Ce déclin frappe toutes les espèces d’oiseaux en milieu agricole, aussi bien les espèces dites spécialistes (fréquentant prioritairement ce milieu), que les espèces dites généralistes (retrouvées dans tous les types d’habitats, agricoles ou non). Or d’après le STOC, les espèces généralistes ne déclinent pas à l’échelle nationale ; la diminution constatée est donc propre au milieu agricole, sans doute en lien avec l’effondrement des insectes.

étude CNRS sur la disparition des oiseaux en france

Résultats CNRS dans la Zone atelier « Plaine & Val de Sèvre »

Pourquoi assiste-t-on à un déclin massif des insectes ?

Une petite perdrix dans les 6 premiers mois de sa vie doit parcourir plusieurs centaines de mètres par jour pour trouver des insectes à ingérer. Les pesticides utilisés pour l’agriculture déciment les insectes sans distinction et cette raréfaction pousse les perdrix à parcourir toujours plus de distance pour se nourrir. Elles s’épuisent, ne retrouvent plus leur nid et finissent par mourir d’épuisement ou de faim.
Cette disparition massive d’insectes observée à différentes échelles est concomitante à l’intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009. Une période qui correspond entre autres à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à la reprise du sur-amendement au nitrate permettant d’avoir du blé sur-protéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants. En 2017, un chiffre alarmant a été publié par le syndicat des apiculteurs : 50% des exploitations ont fermé leurs portes au cours des 5 dernières années et 80% des exploitations ne sont pas reprise lorsqu’un apiculteur part à la retraite. Les abeilles meurent et cela a de graves conséquences sur la production de fruits. Nous vous avions déjà alerté sur le sujet en vous invitant à signer la pétition pour sauver les abeilles.

Un environnement sans cesse menacé

La disparition des jachères, la construction intensive y compris dans des zones préservées, les routes, l’automobile, l’agriculture intensive, les usines qui rejettent leurs eaux polluées dans les rivières, la chasse… voici autant de facteurs qui mettent la nature en danger. Prenez le cas de la ZAD de NDL. Il aura surement fallu la mort d’un militant pour que le gouvernement infléchisse sa position et finisse par céder après de multiple revirement. Voyez combien il a été difficile de lutter contre les lobbies qui pensent développement et pas durabilité. Cette zone pourtant protégée, comporte des jachères essentielles à la faune qui affectionne tout particulièrement ces lieux calmes pour nicher et se nourrir. Les océans sont aussi en danger ! Entre le « 8ème continent » ou la « soupe de plastique » située dans le Nord-Est de l’océan Pacifique ; la menace de la pêche électrique (provisoirement écartée mais attention la lutte n’est pas finie) portée par les lobbies hollandais… il existe de multiples dangers qui menacent nos écosystèmes, telle une épée de Damoclès qui risque de nous retomber dessus si nous ne sommes pas vigilants. D’où l’importance de rester éveillé, de continuer de signer des pétitions, de financer des ONG qui luttent pour la protection de l’environnement comme sea shepherd, le WWF, Reforestaction, Green peace, Bloom, etc. pour ne citer que celles là.

10 gestes simples pour inverser la tendance !

  1. Le gaspillage alimentaire : un français jette en moyenne 25 Kg de déchets alimentaires par an (soit l’équivalent de 60 repas par an et par habitant – voir l’infographie). Pour réduire ce gaspillage et mieux valoriser vos déchets, deux choses simples peuvent être faites facilement. Faites vos courses dans les petites surfaces et plus régulièrement en prenant soin d’éviter les promotions sur les denrées périssables du type 2+1 offert. Ensuite, compostez vos déchets verts et utilisez le pour rempoter vos plantes ou enrichir la terre de votre jardin. Si vous ne savez pas comment faire consultez notre guide du recyclage
  2. Consommez des produits écoresponsables : de préférence achetez local et des produits de saisons. Les tomates en hiver, il faut être capable de s’en passer. Pour vous aider, nous avons rédigé un article avec des infographies qui vous listent pour chaque mois de l’année quels sont les fruits et légumes de saison. Cela impose aussi de savoir bien lire les étiquettes et de connaitre les labels écologiques. Evitez également les produits à base d’huile de palme qui sont mauvais pour la santé et pour laquelle on coupe des forêts.
  3. Privilégiez le bio : le bio fait débat et à juste titre mais l’agriculture intensive comme on la voit trop souvent en France est source de pollution intense des sols et des nappes phréatiques. Les vignes sont traitées plusieurs fois par an avec des produits toxiques tel que le glyphosate et cela a de graves conséquences sur les insectes et donc sur les oiseaux. Alors optez pour du vin bio, c’est meilleur en bouche et aussi pour la planète ;)
  4. Consommez moins de viande mais de la bonne : Il faut 7 à 16 kg de céréales ou de produits végétaux et 15.000 litres d’eau pour produire 1 kg de viande ! Manger de la viande à tous les repas est une hérésie (voir l’infographie)
  5. Consommez des poissons issues d’une pêche responsable, locale et artisanale. Telle que la conserverie française CHANCERELLE (la plus ancienne conserverie du monde encore en activité) qui soutient la fondation Tara Expéditions afin de sensibiliser le grand public aux conséquences de la surpêche en mer. Ou en évitant de consommer des espèces de poissons menacés, reportez vous à la liste dans cet article sur les poissons à consommer de préférence
  6. Adoptez la permaculture comme mode de vie et pas uniquement pour votre jardin. Vous ne savez pas ce que c’est ? alors lisez le livre « La permaculture : en route pour la transition écologique » ou découvrez dans notre article ces principes et fondamentaux
  7. Utilisez des produits d’entretien écologiques qui respectent l’environnement comme le savon noir ou le savon de Marseille. On vous a préparé un dossier spécial qui vous explique comment entretenir facilement sa maison de manière durable. Des gestes simples comme laver votre linge à 30°c  permettent de réduire la facture énergétique et de faire des économies substantielles.
  8. En matière de cosmétique aussi il y a des choses simples à faire et qui vont dans le sens d’une bonne santé. Par exemple saviez-vous qu’une une femme s’applique environ 80 composants chimiques sur la peau par jour en pensant prendre soin d’elle et de sa beauté. Mais là attention, souvent les marques vous mentent pour vendre leurs produits. Lisez aussi notre article sur les dessous de la cosmétique bio
  9. L’habitat des oiseaux étant en danger, vous pouvez équiper votre jardin d’un nichoir ou en fabriquer un aussi vous-même. Regardez notre vidéo dans cet article, c’est très facile à réaliser.
  10. Surveillez vos déplacements qui sont sources de pollution. Que ce soit en avion ou en voiture, il est essentiel de compenser vos émissions de CO2. Des alternatives existent, comme les sites de covoiturage qui ont du succès ces dernières années car ils permettent de faire de vraies économies, tout en améliorant la circulation dans les centres villes. Les vélos, les scooters électriques et d’autres modes moins polluants comme la roue électrique gyroscopique connaissent un réel engouement. Sans parler des véhicules hybrides ou électriques sur lesquels on a un débat houleux car 80% de notre électricité en France est produite par le nucléaire et à ce jour il n’existe aucun moyen pour traiter les déchets radioactifs…

Vous voyez que c’est facile de sauver les oiseaux avec des gestes simples. Au premier abord je vous l’accorde, la relation de cause à effet n’est pas évidente, mais quand on y regarde de plus près, on comprend mieux comment notre alimentation et nos habitudes de consommation ont un impact direct ou indirect sur la planète. Adoptez une attitude écoresponsable ce n’est pas être écolo, c’est simplement réfléchir à l’avenir, se poser les bonnes questions quand on sort son porte-monnaie. C’est aussi penser aux générations futures pour que la planète, les océans et les oiseaux subsistent. Notre avenir en dépend !!

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Pollution lumineuse et Biodiversité

Dans Environnement, Salon & évènements par le 28 novembre 2017Pas de commentaire

Un nouveau texte réglementaire portant sur la lutte contre la pollution lumineuse est en préparation et plusieurs textes sur le sujet sont déjà entrés en vigueur. L’Association française de l’éclairage a sollicité le Muséum National d’Histoire Naturelle (UMS Patrimoine naturel, membre du Centre de ressources Trame verte et bleue) pour l’accompagner dans l’organisation d’une journée entièrement dédiée aux enjeux de la biodiversité soulevés par l’éclairage nocturne. Cette journée fournira un état des lieux des connaissances scientifiques sur le sujet ainsi que des retours d’expérience des collectivités. Alors que 80 % des nouveaux projets d’éclairage se réalisent aujourd’hui en LED, la question des LED dans la lutte contre la pollution lumineuse sera largement abordée.

Pollution-lumineuse-Biodiversite

OBJECTIFS DE LA JOURNEE

Cette journée vise à :

  • fournir collectivement l’état des connaissances et de la recherche en la matière
  • proposer une rencontre et des échanges constructifs entre tous les publics : collectivités, espaces naturels, techniciens territoriaux, institutions, professionnels de l’éclairage et écologues
  • présenter des retours d’expérience et faire émerger des solutions qui pourront être exploitées sur le terrain dans les politiques d’éclairage

PROGRAMME

  • Etat des connaissances et applicabilité dans les politiques territoriales : dernières avancées normatives et réglementaires en France et les conséquences pour les politiques territoriales, pollution lumineuse et biodiversité : problématique, état des connaissances scientifiques et panel de solutions, mesurer l’efficacité des différents modes de gestion de l’éclairage et préciser les niveaux de sensibilité de la faune, impacts de la lumière artificielle nocturne sur la pollinisation et les espèces végétales…
  • Retours d’expérience : Biotope (Métropole Européenne de Lille), CEREMA (Ile de la Réunion), Parc national des Pyrénées/Dark Sky Lab /SDE 65, groupe AFE Métropoles, groupe AFE Collectivités, Ville de Paris…
  • Téléchargez le programme complet >>


INFORMATIONS PRATIQUES

Date : 19 décembre 2017
Horaire : 8 h 15 – 17 h 15
Accueil des participants : 8 h 00
Lieu : 17 rue de l’Amiral Hamelin -75783 Paris Cedex 16

INSCRIPTIONS

Tarif adhérents : 90 € HT
Tarif non adhérents AFE : 180 € HT

Qui est l’Association française de l’éclairage (AFE) ?

Association à but non lucratif représentant la France dans les instances de normalisation nationales et internationales, l’Association française de l’éclairage (AFE) est une association dont les recommandations sont utilisées comme référence dans le Code du travail, les textes officiels et les appels d’offres.

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