L’argument écologique

Dans Greenwashing par le 20 janvier 20102 Commentaires

Dans ce contexte pour le moins trouble, où certaines entreprises parent de vert leur activité et s’autoproclament « responsables » sans qu’il soit jamais possible de vérifier quoi que ce soit, quelle stratégie doivent adopter les marques et les annonceurs pour faire valoir leurs réelles avancées écologiques auprès des consommateurs ?

La voie est pour le moins étroite et semée d’embûches.

Greenwashing ou l'art de rendre vert ce qui ne l'est pas

Greenwashing ou l'art de rendre vert ce qui ne l'est pas

Qu’est-ce que l’abus de l’argument écologique ?

L’argument écologique permet de vanter dans une publicité ou sur un emballage les caractéristiques écologiques d’un produit ou service, ou ses avantages pour la protection de l’environnement. Du fait de l’engouement actuel pour des produits plus respectueux, d’une part, cela permet d’orienter le consommateur dans ses choix, et d’autre part, cela pousse les entreprises à innover pour modifier leur offre.
Or, depuis quelques années, de plus en plus de produits et services sont présentés comme « écologiques« , « protégeant la nature » ou « protégeant l’environnement », alors que l’intérêt du produit ou du service pour la nature est minime, voire inexistant. C’est d’autant plus critiquable que l’argument écologique est très utilisé pour les produits et par les entreprises les plus polluants : voitures, produits chimiques, sociétés pétrolières…

On retrouve aussi la création de logos propres à chaque entreprise, sans aucune réglementation :

Exemples de logo verts non reglementés

Exemples de logo verts non règlementés

Cela s’appelle faire du blanchiment écologique ou de la « désinformation verte » en donnant une aura écologique à des entreprises et à des produits qui ne le sont pas forcément.

La conséquence immédiate de cet abus

Instaurer le doute et la confusion dans l’esprit du consommateur sur ce qui est vraiment écologique et sur ce qui ne l’est pas. Or, il est devenu aujourd’hui impératif de changer notre façon de consommer, ainsi que le comportement des entreprises.
Le blanchiment écologique a donc pour effet de contrer les efforts de sensibilisation faits en ce sens par les associations.

Le contre coup de cette « Vert’attitude »

Produits organiques, écolos, bios ou verts… L’industrie agroalimentaire et des cosmétiques surnomment leurs produits, les teintent en vert, les logoïsent. Mais les consommateurs ne sont pas dupes. Ils deviennent même allergiques à ces produits aux prétentions écologiques
Il y a eu un effet Al Gore. L’effet inverse aussi. L’ex-candidat à la présidence américaine a reçu le prix Nobel de la paix pour sa campagne en faveur de la lutte contre le réchauffement planétaire. Il a réussi, plus que quiconque, à attirer l’attention du public sur cette cause environnementale . Mais l’effet Al Gore a aussi son effet boomerang.
Le «green marketing» est un tsunami. Toutes les industries, tous les produits qui ont pris une teinte verte ont donné le vertige au public devenu alors sceptique devant toute prétention écologique, même lorsqu’elle est justifiée.

Au lieu de servir la cause écologique, la vague verte a créé de la suspicion.
Les labels envahissent nos produits, privés, officiels, pour la qualité … Aurions-nous besoin d’un label universel : un label gouvernemental, officiel, qui identifie les produits réellement écologiques ? Peu importe. De plus en plus de consommateurs décrochent de la mode verte. En bien ou en mal, ils ne croient tout simplement plus à cet écologisme industriel, de consommation de masse et de façade.
C’est ce à quoi essayent de répondre les labels officiels.

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